13.01.2026

Cuir vs simili-cuir : quel revêtement choisir pour votre sellerie ?

Cuir vs simili-cuir : quel revêtement choisir pour votre sellerie ?

Lorsqu’il s’agit de refaire une sellerie – que ce soit les sièges d’une voiture, la selle d’une moto, les banquettes d’un bateau ou un canapé – une question revient souvent : vaut-il mieux du cuir véritable ou du simili-cuir ? Le cuir, matériau noble par excellence, a ses atouts indéniables, tout comme le simili-cuir (appelé aussi skaï, vinyle, ou cuir synthétique) qui a fait de gros progrès. Pour faire le bon choix, il faut connaître les avantages et inconvénients de chacun en termes de rendu, de durabilité, d’entretien et de coût.

Ce qu’on appelle cuir vs. simili-cuir

Avant de comparer, clarifions les termes :

  • Cuir véritable : matière d’origine animale (peau de vache, mouton, chèvre…) ayant subi un tannage. Chaque peau est unique. Le cuir peut avoir différentes finitions (pigmenté, aniline, nubuck…) mais il conserve ses qualités naturelles de résistance et de souplesse. C’est un produit haut de gamme, au toucher chaleureux et à l’odeur caractéristique.
  • Simili-cuir : matériau synthétique imitant l’aspect du cuir. Généralement composé d’une couche de plastique (PVC ou polyuréthane) sur un support textile, on l’appelle aussi skaï ou « cuir vegan ». Le simili-cuir n’a pas la même structure fibreuse que le vrai cuir, mais visuellement, les meilleurs imitations sont bluffantes. Il est imperméable, moins cher et sans provenance animale, ce qui peut être un critère pour certains.

En résumé, l’un est naturel, l’autre artificiel. Mais l’aspect final d’une sellerie peut être très proche dans les deux cas, surtout de loin. Voyons plus en détail ce qui les distingue à l’usage.

Avantages du cuir véritable

  • Durabilité exceptionnelle : C’est LE point fort du cuir. Un cuir de bonne qualité, bien entretenu, peut traverser des décennies sans craquer ni se percer . Il se patine au lieu de vraiment s’user, ce qui lui confère du caractère avec le temps. Là où un simili partira en lambeaux après quelques années, un vrai cuir restera fonctionnel et beau, même s’il aura un aspect « vintage ».
  • Esthétique et prestige : Le cuir offre un cachet incomparable. Son toucher est agréable, il prend la température du corps (pas de sensation de froid ou de collant), il dégage une odeur appréciée de « vrai cuir ». Dans une voiture de luxe, un meuble design ou une selle de moto haut de gamme, le cuir apporte une plus-value perçue. Chaque pièce de cuir a ses nuances et ses petits défauts naturels, ce qui donne un rendu authentique que les matières synthétiques peinent à reproduire parfaitement.
  • Entretien et réparabilité : Contrairement à ce qu’on pense, un cuir n’a pas besoin d’un entretien trop contraignant : un nettoyage doux et une nourrissure légère quelques fois par an suffisent généralement (évitez juste les produits agressifs). S’il est abîmé, il existe des techniques de réparation (colmatage d’un accroc, teinture pour raviver la couleur, etc.) qu’un professionnel peut appliquer. Un cuir très endommagé peut même être partiellement remplacé panneau par panneau, là où un simili-cuir fissuré est souvent irrécupérable.

En résumé, le cuir véritable est un investissement sur le long terme. Il coûte cher à l’achat, mais sa longévité et son aspect qui se bonifie en font le choix de prédilection pour qui souhaite du durable et du haut de gamme.

Avantages du simili-cuir

  • Coût réduit : Le simili-cuir est largement plus abordable que le vrai cuir – souvent du simple au double, voire bien plus pour les cuirs haut de gamme . Pour un budget serré, c’est donc une alternative presque incontournable. On peut ainsi refaire une sellerie complète à moindre frais, ou changer de déco régulièrement sans se ruiner.
  • Entretien facile : Le simili est imperméable en surface et ne “boit” pas les liquides comme le cuir. Il suffit généralement d’un coup de chiffon humide avec un peu de savon pour le nettoyer . Pas besoin de crèmes spéciales coûteuses , et aucune crainte des taches (le simili ne s’imprègne pas : si vous renversez du café sur un canapé en simili, il ne restera pas de marque une fois essuyé). C’est la matière “pratique” par excellence, adaptée aux usages intensifs ou à l’extérieur.
  • Choix esthétiques variés : On trouve du similicuir dans à peu près toutes les couleurs et textures imaginables. Y compris des finitions difficiles à obtenir en cuir véritable : couleurs très vives, effets pailletés ou métallisés, textures particulières… Pour assortir à une déco ou oser une fantaisie, le simili offre une liberté quasi illimitée. De plus, les rouleaux de simili font une largeur uniforme et sont exempts de défauts, ce qui facilite la coupe et permet des pièces de grande taille sans couture (alors qu’une peau de cuir a une taille limitée et des imperfections naturelles à contourner).
  • Aucun produit animal : Pour ceux qui sont sensibles à la cause animale, le “cuir vegan” est évidemment un choix plus éthique. Aucune peau n’a été utilisée. Toutefois, attention à l’argument écologique : le simili est un plastique dérivé du pétrole, il n’est pas biodégradable, et il a une durée de vie plus courte. Cela tempère un peu son bilan écologique global, comme on le verra plus loin.

En somme, le similicuir est le champion du rapport qualité-prix et de la facilité d’entretien. Tant que son aspect vous convient et que vous êtes conscient qu’il ne durera pas éternellement, il peut remplir très correctement son rôle dans bon nombre de projets de sellerie.

Durée de vie et vieillissement comparés

C’est souvent le nerf de la guerre dans le match cuir vs simili. Sur ce point, le cuir prend largement l’avantage : un siège en cuir bien entretenu peut rester intact pendant plus de 20 ans, là où un simili-cuir commencera à montrer ses faiblesses après quelques années. En pratique, un simili de qualité moyenne va tenir 5 à 8 ans avant de se fissurer sur les zones de frottement. Les meilleurs similicuirs, très épais et traités anti-UV, dépasseront peut-être 10 ans, mais guère plus. Le cuir, lui, peut durer des dizaines d’années (on trouve des intérieurs de voitures classiques ou des fauteuils vintage âgés de 30-40 ans avec leur cuir d’origine en bon état). Cette longévité du cuir justifie en partie son prix : c’est un investissement sur le long terme .

Pourquoi une telle différence ? Principalement parce que le cuir est épais et que sa structure naturelle encaisse les contraintes sans se déchirer, tandis que le simili n’est qu’une fine couche de plastique qui finit par se craqueler en surface. Une fois que le film de PVC est fissuré, le tissu en dessous apparaît et ça s’effiloche, on ne peut plus rien faire pour le rattraper. En raison de cette faible durabilité, le simili-cuir a tendance à se fissurer et se déchirer beaucoup plus facilement, et il faut le remplacer bien plus souvent . Cela signifie aussi qu’il génère plus de déchets sur le long terme, ce qui le rend moins écologique qu’on pourrait croire malgré son appellation « végan » .

Le cuir aussi peut finir par craqueler, mais généralement au bout de très longues années ou s’il n’a pas été entretenu du tout (et encore, seul la surface pigmentée part en poussière, la fibre dessous reste souvent intacte). De plus, un cuir qui vieillit prend une patine qui peut rester esthétiquement agréable, alors qu’un simili qui vieillit… ça se voit : la surface se pèle par morceaux, ce n’est pas utilisable. En bref, pour la longévité, le cuir l’emporte haut la main. Si vous voulez quelque chose qui dure et que vous ne devrez pas refaire après quelques années, misez sur le cuir.

Entretien : contraintes et soins à prévoir

Sur l’aspect entretien au quotidien, le simili-cuir est le grand gagnant de la simplicité, comme mentionné plus haut. Un chiffon microfibre humide, un peu de savon doux pour enlever les salissures, et basta . Il n’est pas sensible aux petites négligences : si vous laissez une banquette en simili au soleil, elle ne va pas se dessécher (elle risque juste de chauffer, mais sans plus). En revanche, le cuir demande un minimum d’attention : idéalement, il faut le dépoussiérer régulièrement, éviter de l’exposer en permanence au soleil ou à la climatisation (qui le dessèchent), et appliquer de temps en temps un produit nourrissant/protecteur. Ce n’est pas non plus un travail énorme – quelques minutes tous les trimestres suffisent – mais c’est indispensable si on veut qu’il reste souple et beau. Un cuir mal entretenu peut devenir terne et rigide, et finir par craqueler prématurément  .

Par ailleurs, attention aux taches sur le cuir : le cuir est poreux, il peut absorber certaines substances (encre, vin, gras) et là, il faudra un nettoyage professionnel pour espérer ravoir la surface. Le simili, lui, ne craint pas les taches de liquide puisqu’elles n’entrent pas dans la matière – un coup d’éponge suffit en général. Pour un usage où des risques de taches existent (restauration, enfants, etc.), le simili a donc un petit avantage pratique.

En résumé, l’entretien du simili-cuir est minimal alors que le cuir réclame régularité et produits adaptés. Mais cet effort d’entretien est le prix à payer pour conserver longtemps un bel objet en cuir.

Budget : investissement initial et sur le long terme

Le budget est souvent décisif dans le choix. Comme évoqué, un projet en cuir véritable coûtera nettement plus cher qu’en simili-cuir. Par exemple, refaire un ensemble de sièges auto en cuir peut coûter 2 à 3 fois le tarif de la même prestation en skaï. Le cuir haut de gamme et le temps de travail supplémentaire (les coutures doivent être parfaites, le matériau est plus difficile à travailler) justifient cet écart. À l’inverse, le simili permet d’obtenir un résultat visuel très correct pour une fraction du prix. Si vous avez une contrainte budgétaire forte, le choix s’orientera probablement vers le simili-cuir.

Cependant, il faut garder en tête la vision long terme. Si vous refaites un siège en simili aujourd’hui, puis qu’il faut le refaire à nouveau dans 5 ans parce qu’il est abîmé, et encore 5 ans après, au final vous aurez peut-être dépensé autant que si vous aviez mis du cuir dès le début (sans compter les inconvénients du remplacement fréquent). Pour un objet ou un véhicule que vous comptez garder longtemps, le cuir peut s’avérer un investissement rentable dans le temps. En revanche, pour un usage temporaire ou un plaisir esthétique ponctuel, le simili fait très bien l’affaire.

En conclusion : comment choisir ?

Il n’y a pas de réponse universelle, tout dépend de vos priorités :

  • Si vous recherchez la qualité premium, la durabilité sur plusieurs décennies, et un cachet authentique, le cuir véritable est le meilleur choix. C’est le revêtement des connaisseurs et des objets d’exception.
  • Si vous privilégiez le budget maîtrisé, la facilité d’entretien et un vaste choix de styles, le simili-cuir est tout indiqué. Pour une sellerie à usage intensif ou soumis aux aléas (pluie, enfants, animaux), il peut même être plus judicieux.

Dans tous les cas, n’hésitez pas à demander conseil à un artisan sellier-garnisseur. Chez Sellerie du Parc, nous travaillons aussi bien le cuir que le similicuir/vinyle, en sélectionnant dans chaque catégorie les matériaux de meilleure qualité. Nous pourrons vous orienter selon votre projet, l’usage prévu, et vos préférences, afin de trouver la solution idéale. Cuir ou simili, l’important est d’avoir une sellerie qui vous plaît et qui remplit son rôle – et pour cela, faire appel à un professionnel est la première étape pour ne pas se tromper. Bonne décision et au besoin, notre atelier reste à votre disposition pour donner vie à toutes vos envies de sellerie !